Après un long voyage éprouvant, debout dans un camion de transport, les taureaux sont sortis sans ménagement (coup de bâtons) pour être conduits dans le torril, puis vers l’arène, pour 15 à 20 longues minutes de supplices.
Cela commence avec le picador qui, bien à l’abri sur son cheval, enfonce une pique (sorte de lance, possédant une pointe en acier acéré), à plusieurs reprises, au niveau du garrot de l’animal, provoquant de douloureuses blessures afin de l’affaiblir :

Blessures infligées par la pique Photo d'une pique
taureau blessé par une piqueUne pique
photo extrait du site anticorrida.com

section des muscles du cou, hémorragies, entailles pouvant atteindre 20 cms de profondeur, voire même côtes cassées ; dès cette première étape, le taureau est déjà, le plus souvent « massacré ».
Ensuite six harpons, appelés pudiquement ‘banderilles’ sont plantés et restent dans le dos du taureau, bougeant douloureusement au gré de ses mouvements.
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Enfin, vient le moment de la délivrance, qui représente, elle aussi, un degré certain de cruauté : l’estocade ou plutôt les estocades sont pratiquées avec une longue épée de 85 cms. Le record est de 32 tentatives pour un seul animal. Les poumons peuvent être alors perforés et l’animal continue à vivre. Banderilles plantées dans le dos d'un taureau Photo de banderilles
blessé par des banderilles
photo extrait du site anticorrida.com
banderilles (harpons)
photo extraite du site pour-les-animaux
Tentative pour achever le taureau
au poignard (puntilla)
Si vraiment ça ne marche pas, alors les finitions sont faites au poignard. Est-ce terminé ? Non je ne crois pas, car si le boucher en tutu a bien travaillé, il a droit à une ou deux oreilles ou la queue. Je ne doute pas un instant, que dans certains cas, l’animal peut être encore vivant au moment où on lui coupe les oreilles.
La tradition tauromachique retrouve ici tout son sens : on se retrouve plongé plusieurs centaines d’années en arrière, au temps des barbares. Est-ce cela que l’on veut maintenir à tout prix. Bien sûr cette parodie de combat n’a rien de loyal, vous vous en doutez bien : il y a des trucages ...
        Après l'estocade, le poignard.
         photo extraite du site pour-les-animaux

Pour des aspects plus techniques, on peut peut prendre connaissance des descriptions détaillées que font les aficionados eux-mêmes, comme par exemple sur le site de la Fédération des Sociétés Taurines de France, où on peut lire cet extrait, concernant la pique :

... Les résultats néfastes de certaines blessures mal placées sont l'apparition de lésions vertébrales, d'hémorragies importantes, de boiteries et chutes anormales, voire de perforation de la plèvre. - Ensuite la moyenne de la somme des trajectoires par animal est de 61,91 cm. La moyenne de profondeur du puyazo est de 21,06 cm. (la dimension de la puya de la pointe à la cruceta est, elle, de 8,78 cm.). Certaines piques ont même occasionné des blessures de plus de 30 cm de profondeur. La durée moyenne du chàtiment global par toro (tous puyazos confondus) a été de 30,84 secondes. La première pique étant de loin la plus féroce. Enfin 28,93 % des assauts ont donné lieu à carioca. Dans 8,12 % des cas, il y a eu barrenado (action de vriller l'arme pour en augmenter la pénétration) et dans 63 % des piques il y a eu mete y saca (la fameuse pompe). Certes il s'agit de Madrid, arène où les professionnels font peu de cadeaux aux toros, compte tenu de leur grand trapio, mais cette étude plus qu'alarmante vient d'être hélas ! confirmée (lire Aplausos , n° 1141 du 9 août 1999) par un livre intitulé Suerte de varas figurant dans la collection taurine de la Diputacion de Valencia et dû à la plume de deux enseignants de la Faculté Vétérinaire de Cordoue. Il est ici question de 270 toros étudiés et de... 7 % de piques "correctes", si j'en crois notre confrère valencien. 4,71 % ou 7 %, ces chiffres assez voisins sont peut-être des scores honorables pour les petite listes lors de nos élections, mais ils ne doivent ici en aucun cas ravir l'aficionado. Et ce d'autant plus que la première étude que j'ai citée met en lumière une fraude supplémentaire : avant les réglementations de 1992 et 1996 le contrôle préalable des puyas était effectué par l'U.C.T.L., dont elle a été dessaisie au profit du Delegado gubernativo, qui n'est pas toujours à même d'effectuer convenablement sa mission. Résultat : certaines des piques responsables de ces blessures terribles, n'étaient pas réglementaires si je suis le rapport. La puya réglementaire doit être de forme pyramidale avec chacun de ses angles à 60°. Les puyas non réglementaires parfois utilisées ressemblaient à un bistouri avec des faces non plus planes mais concaves et des arêtes plus tranchantes (angles de 48° à 32° !)...